Création de monde - Le relief : orogenèse et tectonique des plaques

Dans cet article, je vais vous donner des indications sur la manière dont vous pouvez modeler le relief de votre monde imaginaire. Autrement dit, nous allons parler de la tectonique des plaques, car c'est cette dernière qui va largement déterminer l'emplacement de tous les éléments de relief d'un continent : chaînes de montagnes, précipices, failles, volcans... 


Pour écrire cet article, je me suis principalement aidé de cet ouvrage : Le dictionnaire de géographie, de Pascal Baud, Serge Bourgeat et Catherine Bras.


Car le relief se forme en quelque sorte par deux biais : « par le haut » et « par le bas ». Par le bas, c'est-à-dire principalement par l'activité orogénique (autrement dit, le processus de formation des montagnes) et la tectonique des plaques. C'est précisément l'objet de cet article.

Nous verrons le mécanisme de formation du relief « par le haut » prochainement.

Ces éléments peuvent s'avérer intéressants voire centraux dans le cadre d'une intrigue romanesque : pensons aux multiples volcans et cratères qui parsèment la littérature fantasy, aux chaînes de montagnes séparatrices de royaumes ennemis, et aux failles menant vers des mondes souterrains...

Qu'est-ce que la tectonique des plaques ? C’est un modèle qui décrit le mouvement de différentes plaques terrestres les unes contre les autres. Ce sont des parcelles de lithosphère (enveloppe rigide de la Terre, soit la croûte terrestre plus le manteau supérieur), qui sont au nombre de quinze. 


L’action des unes au contact des autres engendre différents types de frontières entre ces plaques : des zones de divergence, de convergence, de décrochement, de transformation… C’est pourquoi on observe au niveau de ces contacts différents phénomènes sismiques, comme de l’activité volcanique par exemple.

- Les zones de divergence forment des rifts : ce sont des zones où les plaques partent dans des directions opposées et sont mues par des dynamiques qui les font s’ « éloigner » l’une de l’autre. 

Un rift est une dépression localisée qui forme un « fossé d’effondrement » qui peut s’étirer sur des centaines de kilomètres. A la faveur de ce fossé où la couche lithosphérique devient très mince, du magma peut filtrer vers la surface et ainsi favoriser la création de volcans. C’est le cas du Kilimandjaro, en Tanzanie, dans le rift est-africain, qui se compose de trois volcans éteints.


Source : wikipédia
Auteur : Kilom691

Un rift peut se former aussi bien dans l’océan – il devient alors une dorsale océanique – que sur un continent (mais à long-terme, la dépression, si elle s’aggrave, sera investie par l’océan et sera le lieu de naissance d’une nouvelle mer ou d’un nouvel océan). 

Au fur et à mesure que les plaques s’éloignent, on assiste à une remontée du manteau dans le rift, ce qui contribue au renouvellement de la croûte océanique.

- Les zones de convergence sont intéressantes pour nous. En effet, elles sont les principales sources d’orogenèse (mécanisme de formation des montagnes). 

C’est assez facile à saisir : imaginez deux plaques entrer en contact l’une avec l’autre. On assistera à une surrection en tous points de contact entre ces deux plaques. La convergence peut se faire selon plusieurs modalités.

Une plaque peut plonger sous l’autre, c’est la subduction. Deux plaques se rencontrent, mais l'une glisse sous l'autre et la soulève. Ce type de rencontre peut se faire :
  • en milieu continental : c'est l'exemple fameux de l'Himalaya, monumentale chaîne de montagnes formée par la subduction de la plaque indo-australienne par la plaque eurasienne.
  • en milieu océanique : c'est l'exemple de la fosse des Tonga Kermadec, une fosse océanique de l'océan pacifique de plus de 10 000 mètres de profondeur né de la subduction de la plaque pacifique par la plaque australienne.
  • entre terre et mer : c'est l'exemple de la cordillère des Andes, né de la plongée sous la plaque sud-américaine de la plaque de Nazca. C'est l'exemple le plus fameux d'un phénomène de subduction. NB : cette chaîne de montagnes est précédée, à l'endroit même de la subduction, par une fosse océanique d'une profondeur considérable (plus de 8000 mètres). Les deux phénomènes vont de pair : la formation d'une chaîne de montagne à la jonction de la terre et de la mer par subduction s'accompagne toujours de la formation d'une fosse océanique.

Source : Wikipédia
Auteur : Luis María Benítez

Mais les deux plaques peuvent également entrer en collision : ici, le mécanisme de subduction peut se bloquer s’il n’y a pas assez de force pour qu’une plaque plonge sous une autre. Dans ce cas, le relief créé peut être extrêmement haut, et les deux plaques vont peu à peu se souder pour n’en plus former qu’une seule. C’est notamment le cas des plaques indienne et eurasiatique, qui forment, par leur rencontre, une grande ligne de jonction qui n'est autre que la chaîne de l’Himalaya, qui comporte les plus hauts sommets du monde (plus de 8000 mètres d’altitude). 

Il est intéressant de noter que l’évolution des plaques tectoniques peut être théorisée sous la forme de cycles : c’est ce qui a donné lieu aux cycles Wilson. 

Selon ce modèle géologique, les continents, au fil de leurs migrations à la surface de la Terre, passent par des phases de dispersion et des phases de rassemblement au cours desquelles elles forment des masses continentales de plus en plus imposantes. C’est ainsi que l’on peut imaginer que pendant une période survenant à plusieurs centaines de millions d’années d’intervalles, tous les continents se réunissent à la surface de la Terre pour n’en plus former qu’un seul, la Pangée. Pensez-y lorsque vous imaginerez l'histoire au long cours de votre monde imaginaire... qui sait, cela peut s'avérer original et intéressant ?

Voici un schéma qui résume assez bien les choses : 


Source : wikipédia
Auteur : Saphon

- Enfin, il y a également des zones de décrochement : il s’agit de frontières entre différentes plaques tectoniques, où ces dernières coulissent les unes contre les autres.

On parle aussi de « transcurrence », c’est-à-dire du déplacement latéral de deux plaques l’une contre l’autre, qui a le plus souvent lieu à la surface des terres émergées : comme exemple, on peut citer la faille de San Andreas, dont l’activité génère des séismes dévastateurs.


Tom Vipraine

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